Il s’agit de la première étape de la création d’un anime. Souvent traduit par le mot « planning » prêtant à confusion, le kikaku signifie en réalité « projet ».


Sa forme visible est le kikakusho ou dossier de projet ; un document de quelques pages décrivant le concept, la trame de l’histoire et les personnages principaux. Il comporte généralement quelques visuels originaux, mais peut aussi utiliser des références empruntées temporairement ailleurs dans le but de communiquer les idées plus facilement.

Peuvent également y être pitchés quelques arguments commerciaux, tels que le public visé ou les développements envisagés sur différents supports. On y mentionne aussi souvent le nom des artistes principaux impliqués dans le projet, par exemple un réalisateur, un illustrateur ou un musicien, lorsque ceux-ci ont un nom capable de séduire des partenaires.

L’objectif du kikakusho est de convaincre des partenaires de se joindre au projet, d’investir et de développer ensemble son idée centrale, afin qu’elle atteigne la cible fixée avec le plus grand succès possible. Le kikakusho est un document confidentiel, il n’est quasiment jamais dévoilé au public.

Les deux grands types de projets sont, d’une part, ceux qui sont issus d’une œuvre originale pré-existante (gensaku) et, d’autre part, les projets d’animation originaux (original animation).

Projet issu d’une oeuvre existante

Pour les projets basés sur une œuvre originale (par exemple un manga, un light novel ou un jeu vidéo), le kikaku va consister à capitaliser sur la popularité de cette œuvre pour convaincre des partenaires d’investir dans la production de son adaptation en dessin animé.

On y définira aussi la manière d’adapter cette œuvre originale au medium animé ; en choisissant par exemple le format de série, un style plus ou moins marqué, une cible plus ou moins étendue par rapport à l’oeuvre originale.

Les ayants droit impliqués dans le développement du projet sont des éditeurs ou producteurs issus de sociétés diverses. L’auteur n’est en général pas impliqué dans la démarche de développement commercial.

Projet d’animation original

Il y a plusieurs cas de figure. Le projet peut venir d’une entreprise qui le développe en faisant appel à des auteurs ; ou bien d’auteurs qui vont démarcher et tenter de vendre leur projet auprès de sociétés de production.

Dans tous les cas, le kikaku sera développé en accord avec les formats utilisés dans l’industrie, en tenant compte de tous les types de publics visés, et des lignes éditoriales des investisseurs potentiels. Il n’existe pas réellement de moyen, au Japon, de développer et de financer des projets d’animation indépendants comme c’est le cas en France. Malheureusement dépourvue de système de financement public comme le CNC, à même de permettre à des auteurs de s’exprimer librement sans tenir compte des considérations d’ordre mercantile, l’industrie de l’animation japonaise est totalement à la merci du marché.

Le métier consistant à développer des projets au sein de sociétés est difficilement accessible aux étrangers. Une bonne connaissance du marché et des tendances est nécessaire, et il est également conseillé d’avoir une bonne culture cinématographique pour pouvoir comprendre les intentions artistiques et les références d’un auteur. Un solide réseau de partenaires professionnels est aussi indispensable pour signer les accords permettant au projet de se concrétiser, c’est-à-dire entrer en phase de production.