Le travail de monteur au Japon est relativement similaire à celui pratiqué en France. Contrairement aux œuvres tournées en prise de vue réelle pour lesquelles le montage peut être extrêmement créatif et difficile (lorsqu’il s’agit de piocher dans des heures et des heures de rushes pour créer un film), cette étape est beaucoup plus simple et cadrée dans le cadre d’une production d’animation. On ne produit en général jamais plus de matière que celle dont on a besoin, car le montage se fait dans la tête du réalisateur au moment du storyboard.


Le travail du monteur consiste donc à mettre les plans bout à bout, et procéder à des découpes très fines (souvent quelques images) du début et de la fin de chaque d’entre eux, afin qu’ils s’enchaînent le plus harmonieusement possible. Il arrive aussi que l’on rallonge les plans lorsqu’on les trouve trop courts.

En bref, il s’agit d’un subtil travail de réglage de la longueur de chaque plan. Il est très rare de chambouler la vision de départ mise en place lors du storyboard.

Salle de montage utilisée pour la production d'animation.

Salle de montage utilisée pour la production d’animation.

Premier montage et travail sur l’animatique

Le monteur ne travaille pas sur son montage d’emblée avec des plans finis. Le montage se fait tout d’abord avec des plans en cours de fabrication, à l’état du storyboard ou du layout. Ensuite, au fur et à mesure que les plans sont finalisés, le monteur les remplace et envoie des versions de plus en plus abouties de l’épisode en production. Il n’y a qu’un monteur par série ; il doit donc travailler simultanément sur beaucoup d’épisodes, à des étapes de finalisation variées.

Le monteur n’a pas de réunion préliminaire avec le réalisateur. Il reçoit les plans, le storyboard et fait une première version du montage à son goût. Ensuite, le réalisateur et le metteur en scène de l’épisode (ou du film) le rejoignent à la station de montage pour regarder cette première version. Ils font généralement des commentaires au sujet des passages qui leur semblent ne pas bien marcher, ou font des suggestions pour améliorer le rythme. Le monteur fait ces ajustements en temps réel, ce qui permet par exemple de tester facilement différentes versions d’un même passage. Le monteur et le réalisateur travaillent jusqu’à ce que ce dernier valide le montage.

Station de travail du monteur.

Station de travail du monteur.

Phase de finalisation

Dans le cadre de la production d’un épisode de série télé, le format doit être scrupuleusement respecté. L’épisode doit avoir une durée réglée à la frame près (une frame = 1/24 s). Il faut souvent ruser pour arriver à la durée exacte, en rajoutant ou en enlevant des frames ici et là.

Le monteur a donc un poste très technique, l’enchaînement des plans étant défini par avance au moment du storyboard. Sa liberté est très limitée, sauf dans les montages de bandes-annonces où il doit faire preuve de plus de créativité. Mais il est aussi l’une des rares personnes à travailler de très près avec le réalisateur à la finalisation du film ou des épisodes, et peut donc à l’occasion développer une relation de complicité avec ce dernier. Après les immenses efforts fournis dans le développement et la production, l’étape du montage est en effet un moment très apprécié par les réalisateurs, qui peuvent enfin se relâcher un peu et découvrir le fruit de leur travail.

Travailler comme monteur nécessite, en plus de la maîtrise technique de ce poste, d’avoir une bonne notion du rythme et de comprendre les modifications de sens induites par les ajustements subtils du découpage. Il doit être à l’écoute des souhaits du réalisateur, et faire preuve de réactivité en lui proposant des solutions sur l’instant.